Comprendre: les inégalités de développement

Publié le 19 Novembre 2014

Comprendre: les inégalités de développement

Selon les estimations de la Banque mondiale, 1,29 milliards de personnes, soit près de 20% de la population mondiale vit avec moins d’un euro par jour.

Une situation contrastée

Si ce chiffre apparaît très élevé, il convient d’entrer plus dans les détails pour mieux l’interpréter.

Tout d’abord, on peut remarquer, qu'en chiffres bruts, la taille de cette population a diminué. En 1981, en effet, 630 millions de personnes supplémentaires (soit 1,94 milliards) étaient dans cette situation d’extrême pauvreté. Mais cette diminution est moins marquée si l'on se concentre sur la population qui vit avec moins de 2 euros par jour. Dans ce cas, la diminution a été moins sensible depuis 1981 puisque, en chiffres bruts, le nombre de personnes dans cette situation est passé de 2,59 à 2,47 milliards d’humains.
Par ailleurs, les situations de chaque zone régionale sont très variées. L’évolution la plus importante est celle qu’a connu l’Asie de l’Est. Si plus des trois quarts de la population y vivait avec moins d’un euro par jour il y a trente ans, ce taux s’est établi à environ 10% de la population actuellement. L’Amérique latine a connu également une diminution importante passant de 14% de la population dans cette situation à 6% aujourd’hui. Si l’Afrique a aussi connu une diminution de cette population extrêmement pauvre, la proportion générale est loin d’y être aussi spectaculaire que dans les zones qui viennent d’être citées. En Afrique subsaharienne, la part de personnes vivant avec moins d’un euro par jour est passé de 51% à 47% en 30 ans.

Les limites d'une mesure seulement monétaire
Evidemment, le critère retenu ici est discutable. Disposer d'un euro ne donne pas le même pouvoir d'achat en Afrique subsaharienne et en Allemagne. Par ailleurs, un critère purement monétaire comme celui présenté plus haut ne prend pas en compte d'autres facteurs qui peuvent être fondamentaux à long terme pour le développement d'un pays. C'est pour corriger cela que sont de plus en plus utilisés depuis 1990 des indicateurs de développement (IDH) qui prennent en compte non seulement la richesse dont disposent les habitants d'un pays, mais aussi le niveau d'éducation et l'espérance de vie des différents pays.

Des économistes contemporains (comme le prix "Nobel" Douglass North) ont également souligné la nécessité de prendre en compte la variété des institutions dans les pays considérés. Ainsi un pays où la corruption est forte et où les institutions de financement ou les infrastructures publiques sont peu développées sortira difficilement une part importante de sa population de la pauvreté.

Amartya Sen (lui aussi prix "Nobel" d'économie et considéré comme un des père de l'IDH) a proposé, non seulement de soutenir les institutions des pays en développement, mais aussi de faire en sorte que les individus disposent de capacités d'agir librement. Dans cette perspective, le développement apparaît comme un processus permettant aux individus de jouir de davantage de libertés. La richesse économique se combine ainsi avec une liberté de penser, de discuter, d'agir, d'être informé.

Pour aller plus loin: