Initiative: l'engagement politique du Bx Pier Giorgio Frassati

Publié le 23 Novembre 2015

Le bienheureux Pier Giorgio Frassati, est un jeune étudiant turinois et laïc dominicain, mort à 24 ans, en 1925.

Né dans une famille aisée — son père est le fondateur du grand quotidien italien La Stampa — Pier Giorgio a tout pour s’installer dans une vie mondaine, à l’abri de la misère du monde. Et pourtant, il choisit une autre voie, celle du service des plus pauvres dans les faubourgs de Turin.

Jeune homme joyeux, alpiniste de haut niveau, il va résolument s’engager — alors même qu’il est encore étudiant — dans les questions politiques de son temps. Il faut dire que la société italienne en ce début de siècle est agitée : on est au lendemain de la 1ère guerre mondiale, Mussolini arrive au pouvoir, Turin est une ville très dynamique économiquement mais laisse aussi beaucoup d’ouvriers dans des conditions misérables. Et Pier Giorgio voit cela de près : son père est le plus jeune sénateur d’Italie et en même temps ambassadeur à Berlin.

L’attitude du jeune Giorgio vis-à-vis de l’engagement politique me semble enrichissante pour nous sur plusieurs points :

  • D’abord, il fait preuve d’audace et d’une grande liberté de conscience : Très croyant, il s’engage pourtant dans le mouvement Populaire Italien, reconnaissance ainsi la valeur de la République naissante, alors que l’Eglise est encore en guerre contre ce jeune état. Il pressent qu’il y a quelque chose à construire en marchant avec... plutôt qu’en étant contre... Et dans ce domaine il n’y a pas de formules toutes faites.
  • Ensuite il fait preuve d’un équilibre dans ses positions qui témoigne de l’harmonie de sa vie spirituelle : il n’hésite donc pas à combattre les extrêmes que sont le fascisme et le communisme, avec une ardeur étonnante : Quand les fascistes attaqueront le domicile familial, Pier Giorgio les mettra dehors avec une vivacité dont on parlera jusque dans le Times de Londres ! Son désir va pour la paix (sans compromission) et il s’y exercera en créant des ponts entres les étudiants des différentes nations européennes. Il se fait même prophète en constatant que les conditions d’après-guerre ne peuvent que conduire l’Europe à un nouveau conflit. La paix que nous voulons autour de nous doit d’abord prendre racine en nous.
  • Surtout, il ne sépare pas son engagement politique d’un engagement social... plus encore d’une charité vraiment à l’œuvre, désintéressée et portée par sa foi vive. Pour Pier Giorgio, la crise sociale est la partie émergée d’une crise religieuse plus globale : l’absence de Dieu et les idéologies athées. Ne pas se taire est le début de l’action. Mais s’il marque tant son entourage c’est parce que toute sa vie est animée par sa foi. Ainsi voit-on le fils du Sénateur courir les faubourgs de Turin, en bras de chemise, pour visiter, aider, aimer les délaissés.

Un bel exemple à méditer... à imiter !