Méditation sur l'histoire d'Agar et Ismaël

Publié le 11 Juin 2013

Méditation sur l'histoire d'Agar et Ismaël

C'est une constante dans l'Ecriture: Dieu s’occupe de la veuve et de l’orphelin. Plusieurs passages de la Bible le soulignent. « Il ne néglige pas la supplication de l’orphelin, ni de la veuve qui épanche ses plaintes » (Si 35,17) Les mères seules éprouvées après le décès de leur mari trouvent grâce auprès de Dieu, « Père des orphelins, justicier des veuves » (Ps 67). Mais qu’en est-il de la femme qui élève seule son enfant suite à un différend familial, suite à un divorce, un conflit, une séparation ? Quand la situation résulte de l’échec de la relation, Dieu se laisse t-il émouvoir de la même façon ? Suivons l’expérience d’Agar, l’Egyptienne, la servante de Sara, dont Abraham aura un fils : Ismaël (Gn 21,8-21).

La situation est complexe, les conditions ne semblent pas tout à fait réunies pour plaire à Dieu : Abraham et Sara ont entendu la promesse de Dieu : Sara aura un fils, Abraham une descendance. Seulement, doutant que cela soit réalisable, Sara ayant passé l’âge d’enfanter, elle envoie son époux vers sa servante de qui naîtra Ismaël. La naissance de cet enfant, voulu par tous, devient vite un problème. Agar qui a donné un héritier au maître prend de l’assurance et ne manifeste plus d’égard envers sa maîtresse. Lorsqu’à son tour Sara donne naissance à un fils, Isaac, la présence d’Agar et d’Ismaël lui devient insupportable. Se sentant persécutée, elle demande à son époux de les renvoyer. Rien ne se déroule comme prévu…avec Dieu ! Et voilà Agar, seule avec son fils, dans une situation des plus précaires, avec juste une outre d’eau et du pain. Au désert, lieu de dépouillement, Elle fait l’expérience de sa faiblesse, de son impuissance à sauver son fils quand l’eau vient à manquer. Ses entrailles tressaillent, l’angoisse est là. Tout ce qui est humain a failli, la situation semble sans issue, elle ne peut compter sur personne. Ni d’ailleurs davantage sur ses forces. Agar semble alors renoncer : ne plus être mère puisqu’elle n’en est plus digne, s’éloigner de la chair de sa chair pour ne pas assister impuissante à sa mort.

Mais l’amour d’une mère pour son fils est un trésor que Dieu préserve. Dieu se laisse toucher, Il n’abandonne pas la mère et l’enfant, quelle que soit la raison de la précarité. Il agit. Il rassure et relève Agar « Debout ! »(Gn21 ,18). Il la fait redevenir mère en lui permettant d’être ce tuteur dont il a besoin pour grandir « tiens le ferme ! » (Gn21,18). Il lui ouvre un avenir « J’en ferai une grande nation » (Gn21,18). « Dieu dessilla les yeux d’Agar » (Gn21,19) Réconfortée et aidée par Dieu, Agar peut reprendre la situation en main: « Elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire l’enfant » (Gn21,18). Dieu n’appelle pas à l’assistanat. Son regard d’amour remet debout et offre la possibilité de reprendre sa vie en main, soi-même. Quelle que soit la situation, Dieu nous prend là où nous en sommes et nous ouvre un avenir. A nous de croire, comme Dieu, dans les potentialités de chaque être humain et de lui donner la possibilité de se réaliser grâce à la confiance et à l’amour que nous saurons lui manifester.

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